Méthode

Comment le calculateur estime votre potentiel

Le calculateur annonce un nombre d’heures et un montant en euros. Cette page dit exactement d’où ils sortent, sur quelles hypothèses ils reposent, et ce qu’ils ne prétendent pas dire. Vous pouvez refaire le calcul vous-même.

Ce qu’on vous demande

Quatre questions, pas une de plus

Le calculateur ne demande que ce qu’un dirigeant sait répondre de tête : combien de personnes travaillent dans l’entreprise, combien d’entre elles utilisent régulièrement un ordinateur, ce que coûte en moyenne une heure de travail, et quelles tâches pèsent sur les journées.

Tout le reste — la fréquence des tâches, leur degré de standardisation, le nombre d’outils traversés, la part de jugement humain qu’elles réclament — n’est jamais demandé. Ces paramètres existent bien dans le modèle, sous forme de coefficients, mais les poser en questions transformerait trois minutes en un entretien d’une heure, pour un gain de précision illusoire : personne ne connaît de tête le taux de standardisation de ses comptes rendus.

Un point mérite attention, parce qu’une erreur de lecture y fausse tout le reste : le temps se déclare PAR PERSONNE, et non pour l’entreprise entière. Une heure d’emails par jour, c’est la moyenne d’une personne concernée. Entendue comme un total d’entreprise, cette heure serait multipliée une seconde fois par l’effectif : le résultat sortirait autant de fois trop grand qu’il y a de personnes concernées.

Première formule

Du temps déclaré au temps réellement consommé

Une durée quotidienne individuelle devient un volume d’entreprise en trois multiplications : par les 5 jours travaillés d’une semaine, par le nombre de personnes concernées, puis par le nombre de semaines travaillées dans l’année. Ce dernier nombre est 46, et non cinquante-deux : l’année calendaire en compte cinquante-deux, dont il faut retirer environ cinq semaines de congés payés et l’équivalent d’une semaine de jours fériés. Personne ne travaille l’année entière, et compter comme si c’était le cas gonflerait tous les volumes de plus d’un dixième.

Prenons une entreprise de 25 personnes dont 20 travaillent sur ordinateur, qui déclare 1,2 heure d’emails par jour et par personne, soit 6 heures par semaine. Sur l’année : 6 × 20 × 46 = 5 520 heures consacrées aux emails à l’échelle de l’entreprise, soit 460 heures par mois. C’est un temps consommé, pas encore un temps récupérable.

Une précision pour qui refait le calcul : le nombre de semaines dans un mois vaut 46 divisé par douze, soit 3,8333, et se garde entier. Le tronquer à deux décimales paraît anodin, cela retire près d’un dixième de pour cent à chaque mois, et donne l’impression que nos chiffres ne tombent pas juste. C’est pourquoi les volumes annuels de cette page se vérifient plus simplement en partant directement des 46 semaines.

L’effectif total, lui, n’entre pas dans le calcul. Il est demandé pour situer l’entreprise, et parce qu’il permet de refuser une réponse impossible — davantage de personnes sur ordinateur que de personnes tout court.

Les hypothèses

Ce qu’on suppose automatisable, en clair

Chaque processus se voit appliquer une part automatisable. C’est le seul endroit du modèle où nous faisons un pari, et le voici en entier. Ces huit valeurs sont celles que le calculateur applique réellement : cette page et le moteur lisent le même fichier.

Processus Part jugée automatisable Mise en œuvre (indice)
Reporting Collecte, consolidation, mise en forme, production de rapports 55 % Rapide (3)
Saisie de données Copier-coller, double saisie, import / export, mise à jour 55 % Rapide (3)
Documents Création, modification, classement, extraction, synthèse 40 % Moyenne (2)
Recherche d'informations Recherche interne, documentaire, multi-outils 40 % Moyenne (2)
Emails Lecture, tri, rédaction, réponses, transfert 35 % Rapide (3)
Organisation Planification, réunions, coordination, suivi d'actions 25 % Moyenne (2)
Autre Une tâche récurrente que vous êtes seul à connaître 20 % Moyenne (2)
Suivi clients Qualification, relances, comptes rendus 20 % Plus longue (1)

Coefficients version 2, août 2026

Reprenons nos 460 heures d’emails mensuelles. À 35 % automatisables, elles donnent 161 heures récupérables par mois. Le calcul est le même pour chaque processus retenu, et le total en est la somme.

Ces valeurs sont des hypothèses de travail, pas une mesure. Elles viennent de ce que nous observons sur des chantiers réels, pas d’une étude statistique, et nous les corrigerons à mesure que nous en verrons d’autres — la ligne de version sous le tableau date le jeu en vigueur. Les publier plutôt que les garder pour nous vous permet de les contester, et un dirigeant qui nous dit « chez moi ce serait 20 %, pas 35 » nous apprend quelque chose.

Un ordre de grandeur qu’on peut contester vaut mieux qu’une précision qu’on ne peut pas vérifier.

Le classement

Pourquoi la saisie passe souvent devant le suivi clients

Les trois priorités affichées ne sont pas le simple classement des volumes. Un processus lourd mais long à automatiser rendrait son temps dans deux ans ; un processus plus modeste mais rapide à traiter le rend le mois prochain. Le premier n’est pas la meilleure façon de commencer.

Le classement multiplie donc le temps récupérable mensuel de chaque processus par son indice de rapidité de mise en œuvre, celui que la troisième colonne du tableau ci-dessus publie entre parenthèses : plus le chantier est court, plus l’indice est élevé. C’est ce produit, et lui seul, qui ordonne les priorités. Il fait remonter la saisie de données, et redescendre le suivi clients — dont l’automatisation touche à la relation commerciale, donc à des règles qui se discutent longuement avant de s’écrire.

Cet indice ne modifie jamais le nombre d’heures annoncé. Il ne sert qu’à l’ordre dans lequel on vous propose de vous y attaquer.

La valorisation

Des heures aux euros

Le montant annuel est la multiplication la plus simple du modèle : les heures récupérables sur un an, multipliées par le coût horaire que vous avez indiqué. Rien d’autre n’y entre.

Ce chiffre mesure une valeur de temps libéré, pas une économie de trésorerie. Automatiser ne fait pas baisser une masse salariale : cela déplace des heures depuis des tâches que personne ne revendique vers des tâches que personne n’a le temps de faire. C’est une distinction qui compte, et nous préférons la poser nous-mêmes plutôt que de laisser croire à une ligne de coût qui disparaîtrait.

Pour notre entreprise d’exemple, avec 1,2 heure d’emails, 0,8 heure de reporting et 1 heure de saisie par jour et par personne, à 15 € de l’heure, le calcul complet donne :

6 486 h

récupérables par an

1 932 h d’emails, 2 024 h de reporting, 2 530 h de saisie, soit environ 927 journées de 7 heures

540,5 h

récupérables par mois

le douzième du total annuel, qui reste la valeur de référence — d’où la décimale

97 290 €

de valeur annuelle

6 486 heures multipliées par 15 € de coût horaire

Les limites

Ce que ce résultat ne dit pas

Il ne dit pas ce que coûterait la mise en œuvre. Un potentiel de 97 290 € par an ne signifie rien sans le montant et le délai qu’il faut engager pour l’atteindre, et ces deux nombres-là ne se devinent pas depuis un formulaire.

Il ne dit pas non plus que la totalité du temps sera récupérée. Les coefficients désignent une part techniquement automatisable ; ce qui l’est effectivement dépend de l’état de vos données, de l’ouverture de vos outils, et de ce que vos équipes acceptent de déléguer. Une automatisation qu’on contourne ne récupère rien.

Enfin, il repose entièrement sur des durées que vous avez estimées de mémoire. C’est assumé : chronométrer une semaine de travail donnerait des chiffres plus justes, et personne ne le fait. Le calculateur produit un ordre de grandeur destiné à décider s’il vaut la peine d’en parler, pas un devis.

Les hypothèses sont posées, les formules aussi. Si le résultat vous paraît trop beau ou trop bas, c’est exactement la conversation qui nous intéresse : c’est en la tenant que nous corrigeons nos coefficients.

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